Inauguration de l’exposition « Geneviève 1600 » et discours de Madame Florence BERTHOUT, Maire du 5ème arrondissement de Paris

Inauguration de l’exposition « Geneviève 1600 », en présence de Mgr Michel Aupetit, archevêque de Paris, de Mgr Matthieu Rougé, évêque de Nanterre, Mme Florence
Berthout, Maire du 5ème arrdt de Paris et Mgr Jean-Louis Bruguès,
président de l’association l’Art sacré 2

Mardi 26 novembre 2019 – Mairie du 5ème Agora Jacqueline de Romilly – 19h

Discours de Florence BERTHOUT, Maire du 5ème arrondissement

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Depuis 1600 ans, la Ville lumière est placée sous la protection de Sainte-Geneviève. Je crois pouvoir dire que, parmi tous les lieux qu’elle parcourut et inspira –de Paris à Nanterre–, le 5e arrondissement est sans doute celui qui en garde l’empreinte la plus vibrante. Car Geneviève est omniprésente dans le Quartier latin.

On la retrouve ainsi dans les toponymes –la Montagne Sainte-Geneviève–, les vitraux des églises du quartier, la statuaire… Du Pont de la Tournelle, à la lisière du 5e où elle domine la Seine, à la majestueuse façade de Saint-Etienne-du-Mont qui accueille les fidèles et les touristes, et qui renferme la châsse de la sainte.

L’école de la République elle-même n’échappe pas à l’emprise de Geneviève. Henri IV, symbole s’il en est de l’excellence et de la méritocratie, garde (presque jalousement, car n’y entre pas qui veut) la trace de la puissante abbaye des Génovéfains, construite sur l’ancienne basilique où Geneviève avait été inhumée.

Il m’arrive d’ailleurs de penser, Madame le Proviseur du lycée et du collège Henri IV, que si les brillants élèves de votre établissement ont remplacé à leur manière les moines savants pour faire de la Tour Clovis un phare de la connaissance, l’esprit de Geneviève y est un peu pour quelque chose.

Même le Panthéon, symbole entre tous de la République une et indivisible, lui a réservé un accueil singulier. Il n’y a qu’à regarder l’Apothéose de Sainte Geneviève que Charles Gros a réalisée sur le dôme et qui domine les dépouilles des hommes et des femmes auxquels la Nation a voulu témoigner sa reconnaissance.

On pourrait d’ailleurs dire un peu rapidement qu’il s’agit d’un juste retour des choses, puisque le Panthéon fut bâti sur l’ancienne église Sainte-Geneviève, dans la crypte de laquelle les dernières reliques de la sainte avaient été déposées.

Certes ! Mais il y a aussi cette immense fresque réalisée par Puvis de Chavannes, dont l’écrin constitue le cadre de nos cérémonies républicaines, à l’image de l’accueil des nouveaux naturalisés auquel je participe régulièrement aux côtés du préfet.

Monsieur l’Administrateur du Panthéon lui-même, qui à ma connaissance n’est pas tombé dans l’eau bénite, organise en face à la bibliothèque Sainte-Geneviève, un joli hommage aux fresques de Puvis de Chavannes, en miroir à notre exposition.

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Alors pourquoi donc la République, à très juste titre si sourcilleuse sur les questions de laïcité, continue-t-elle de réserver une place unique à la figure de Geneviève, au point que Paris, comme les gendarmes et les gardes républicains, ont voulu se placer sous sa protection.

C’est que le parcours de Geneviève, sa force de caractère, sa capacité de résistance, et peut-être plus encore sa générosité, bref, l’exemplarité de sa vie, constituent une source d’inspiration et d’espoir inépuisable.

Si Geneviève s’est éteinte à l’âge respectable de 85 ans après une existence bien remplie, elle reste à jamais cette jeune femme de 28 ans qui fait la leçon aux résignés et leur montre la voie quand Lutèce est menacée par les terribles Huns d’Attila. On retiendra le fameux « que les hommes fuient s’ils veulent, s’ils ne sont plus capables de se battre, nous les femmes nous prierons », sous-entendu, bien sûr, « nous résisterons à ce qui n’est pas une fatalité ».

Geneviève a plusieurs fois, comme chacun sait, sauvé Paris de la famine et de la destruction. Par la prière, mais aussi par l’exhortation à l’action, l’action pour le bien de tous. Elle nous dit ainsi « aide-toi, le ciel t’aidera ! »

Pour ceux qui croient au ciel, et pour ceux qui n’y croient pas, Geneviève, la sainte mais aussi l’édile de Nanterre et de Paris, est finalement, comme vous l’avez si bien résumé Monseigneur Michel AUPETIT « ce qui constitue une pierre de fondation de notre cité qui fait notre fierté et notre appartenance à une mémoire commune ».

***

Je voudrais tout particulièrement remercier le commissaire de l’exposition Geneviève 1600 (dont le titre astucieux a été trouvé par le Père METZINGER –comme quoi on peut être un homme d’église et un habile communicant). Jacques Charles-Gaffiot a conçu et scénographié cette magnifique exposition avec le précieux soutien de l’association Art sacré II et une économie de moyen égale au peu de temps qu’il a eu pour préparer cet événement.

Dans cette entreprise audacieuse, Jacques a pu également compter sur l’appui généreux de la Fondation Notre-Dame et de la Fondation Sainte-Geneviève, ainsi que les prêts de la cathédrale Notre-Dame, celle de Nanterre, la paroisse Saint-Etienne-du-Mont, les Archives Nationales, le Musée national de la Légion d’Honneur, le Petit Palais, la Bibliothèque Sainte Geneviève, celle du Saulchoir et de la Commission Léonine, le Lycée Henri IV, la Société d’Histoire de Nanterre et l’Association de la Montagne Sainte Geneviève, et j’en oublie peut-être…

Je voudrais également adresser mes remerciements et mes encouragements –cette soirée l’autorise – aux représentants des cultes qui s’apprêtent à accueillir à l’entrée de l’hiver des personnes en grande difficulté, comme nous le faisons d’ailleurs dans cette mairie avec le Foyer Geneviève de Gaulle-Anthonioz dédié aux femmes à la rue.

En ce jour endeuillé par la disparition de treize de nos soldats au Mali, j’ai une pensée pour ces hommes qui ont défendu nos valeurs au péril de leur vie.

Puisse Geneviève continuer à être cette « lumière dans un siècle obscur », dont parlait si bien l’historien Max GALLO, qui a longtemps habité Place du Panthéon.


Quelques objets phares :

– Statue représentant Sainte Geneviève (milieu du XVIIIe siècle)
– Chapiteau double du milieu du XIIe siècle, provenant du cloître de l’abbaye Sainte-Geneviève
– Fragment de sarcophage mérovingien, provenant de la nécropole de Nanterre (église Saint-Maurice)
– Vitrail du XVIe siècle représentant sainte Geneviève
– Etude de Nicolas de Largillière pour le portrait de Claude Bosc, prévôt des Marchands, pour le Voeu des échevins de Paris à sainte Geneviève, peint en 1696
.

Catalogue de l’exposition à consulter  :
1600ème anniversaire de la naissance de sainte Geneviève à Nanterre [130 pages]


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