L’Art Sacré II – Lettre d’information n°2

Art sacré 2 continue de suivre son chemin et se prépare, cette année, à aborder de plus larges sentiers.

11Institution Sainte-Bathilde à Chelles

Au début de l’année, l’installation de l’image de sainte Bathilde dans la cour de l’institution Gasnier Guy – Sainte Bathilde à Chelles a connu tout d’abord un beau succès. La nef de l’église Saint-André était presque trop petite pour accueillir les nombreux fidèles ainsi que le maire de la ville et le conseil municipal au grand complet venus pour l’occasion. La paroisse avait revêtu ses habits de fêtes pour accueillir Mgr Jean-Louis Bruguès. A l’issue de la messe, en procession, accompagnée des airs joués par l’harmonie municipale, toute la foule s’est rendue dans la cour de l’école où la création de Thierry Durand a été dévoilée.

22Grandes Heures des manuscrits irakiens
Rome, couvent de la Minerve 9-17 juin 2017

Grâce au soutien apporté par le Centre culturel Saint-Louis à Rome, la reprise de l’exposition Grandes heures des manuscrits irakiens a pu être programmée au couvent Santa Maria sopra Minerva, au coeur de la Ville éternelle. Présentée du 9 au 17 juin, cette manifestation a été inaugurée par S. Em. le cardinal Leonardo Sandri, préfet de la Congrégation pour les Eglises orientales en présence de S. Exc. M. Philippe Zeller, ambassadeur de France près le Saint-Siège. La basilique et le couvent dominicain qui jouxte le sanctuaire, où reposent les restes de Fra Angelico et de sainte Catherine de Sienne, jouissent d’une grande renommée à la fois culturelle et spirituelle. Ainsi, l’exposition a su satisfaire bon nombre de visiteurs et rappeler une fois encore le nécessaire soutien à apporter aux Eglises du Moyen-Orient.

Les discours prononcés par le cardinal Sandri et l’ambassadeur de France près le Saint-Siège méritent d’être conservés et vous en trouverez la teneur dans cette lettre.

Un nouveau soutien apporté par l’OEuvre d’Orient a permis la traduction et l’édition en langue arabe du catalogue de l’exposition publié en 2014. Cette version a donc donc présentée officiellement lors de l’inauguration.

Message du Cardinal Leonardo Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Eglises Orientales, pour l’Exposition « Grandes Heures des manuscrits irakiens », Eglise de Santa Maria Sopra Minerva, Rome, 9 June 2017

Je suis très heureux de pouvoir vous adresser un salut à l’occasion de l’ouverture de l’exposition « Grandes Heures des manuscrits irakiens », qui donnera la possibilité de voir la précieuse et séculaire hérédité qui nous arrive de cette terre si éprouvée qu’est l’Irak. J’ai eu l’occasion et l’honneur de la visiter quand elle était exposée à Paris, voilà deux ans en mai, et je me réjouis qu’elle puisse être connue et appréciée maintenant à Rome.

Je salue Son Excellence Mgr Bruguès, Archiviste et Bibliothécaire de la Sainte Eglise Romaine, l’Ambassadeur de France près le Saint-Siège, S. E. Philippe Zeller, le Prieur du Couvent de Santa Maria Sopra Minerva, ainsi que toutes les personnes présentes.
Nous confions le succès de cette exposition au saint qu’aujourd’hui, la liturgie latine commémore: Saint Ephrem le Syrien, surnommé “ la lyre du Saint-Esprit”, que le Pape Benoit XV a proclamé Docteur de l’Eglise en 1920, accueillant ainsi la requête des Patriarches Syro-cath olique, maronite et chaldéen de l’époque. A cette occasion, le Saint-Père rappelait la définition de Saint Ephrem qu’en faisait Saint Grégoire de Nysse. Il le comparait à l’Euphrate parce que “ irriguée par ses eaux, la multitude des chrétiens a produit au centuple le fruit de la foi”. C’est une affirmation qui conduit à l’Irak, d’où ces manuscrits, qui sont exposés ici, ont été mis à l’abri. Elle en évoque la beauté du paysage ainsi que la richesse de foi et de tradition qui y sont conservées. Alors que nous affirmons cela, nous sentons monter en nous deux pensées: d’un côté, la souffrance et la nostalgie parce que nous avons tous sous les yeux et dans le coeur, les terribles scènes de dévastation consécutives à des années de guerre et de terrorisme qui ont défiguré la face de ce peuple, contraint à fuir des paysages et des tésors de la culture chrétienne et non chrétienne ; d’un autre coté, nous voulons être remplis de l’espérance qu’un nouveau commencement, qu’un retour à la maison, qu’une nouvelle aube de lumière irradié par l’Evangile et par la beauté qui a été capable de se diffuser dans les oeuvres de charité, mais aussi dans la culture, dans la littérature et dans l’art, sont possibles.

Ma pensée va surtout à ses fils et ses filles qui continuent à vivre et à témoigner de la foi dans le Christ Ressuscité, et s’étend à ceux qui, dans le passé et aujourd’hui encore, ont été accueillis dans les pays de la diaspora: tout le monde peut contempler dans les manuscrits exposés le trésor conservé et transmis de génération en génération. Ce sont les documents de la foi qui ont rendu possibles les célébrations liturgiques, l’étude de la Bible et l’approfondissement des autres matières à nos frères et soeurs qui ont vécus autrefois.

Il faut rappeler que ces manuscrits ont été réalisés et gardés là où la communauté chrétienne était une minorité dans le pays, mais il lui était accordé la possibilité d’apporter sa contribution à l’édification du bien commun, en développant toutes les expressions de sa culture : l’art, la musique, la littérature, la science…
Le souvenir d’un passé de liberté et de témoignage transforme le désir de stabilité qui habite le présent en une supplique affligée afin que le Seigneur touche les coeurs violents et accorde la paix tant désirée.

Si certains détruisent, nous devons rendre hommage à qui, prophétiquement, a choisi d’habiter l’Irak, en s’immergeant dans la vie et construisant des liens féconds avec l’Occident dans le plein respect de la particularité des traditions et des rites orientaux. Ma gratitude s’adresse à l’Ordre des Prêcheurs, grâce auxquels de nombreux manuscrits exposés ici, ont pu être sauvés de la destruction et je suis très heureux que cette exposition face partie des manifestations prévues pour le huitième centenaire de la fondation de la famille religieuse de Saint Dominique.

Pour finir, je souhaite rappeler un dernier événement : le 1er mai de cette année, nous avons célébré le Centenaire de la Congregation pour les Eglises Orientales, créée par le Pape Benoit XV par le Motu Proprio Dei Providentis. Durant ces cent ans, nous avons assisté, malheureusement, à tant d’épisodes de souffrances et de persécutions, mais aussi à tant de pages lumineuses de charité, de témoignage de l’Evangile, de collaboration oecuménique et interreligieuse. Qu’ils nous aident à conserver cette inestimable hérédité selon les paroles du Saint Pape Jean-Paul II dans la Lettre Apostolique Orientale Lumen :
« …puisque nous croyons que la vénérable et antique tradition des Églises orientales constitue une partie intégrante du patrimoine de l’Église du Christ, la première nécessité pour les catholiques consiste à la connaître pour pouvoir s’en nourrir et favoriser, selon les moyens de chacun, le processus de l’unité. Nos frères catholiques orientaux sont tout à fait conscients d’être les porteurs vivants, avec nos frères orthodoxes, de cette tradition. Il est nécessaire que les fils de l’Église catholique de tradition latine puissent eux aussi connaître ce trésor dans sa plénitude et ressentir ainsi avec le Pape le vif désir que soit rendue à l’Église et au monde la pleine manifestation de la catholicité de l’Église, exprimée non par une seule tradition, ni encore moins par une communauté opposée à l’autre, et que nous puissions, nous aussi, apprécier pleinement ce patrimoine indivis de l’Église universelle révélé par Dieu qui se conserve et croît dans la vie des Églises d’Orient comme dans celles d’Occident »(OR1).

Que ses paroles guident et inspirent les visiteurs de cette exposition !
Message du Cardinal Leonardo Sandri, Préfet de la Congrégation pour les Eglises Orientales, pour l’Exposition « Grandes Heures des manuscrits irakiens », Eglise de Santa Maria Sopra Minerva, Rome, 9 June 2017


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Eminence,
Excellence,
Révérend Père Luffrani
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs, chers collègues,
Mesdames et Messieurs,

C’est un plaisir très particulier pour mes collaborateurs et moi-même d’être parmi vous ce soir. Merci à vous, Mon Père, de nous accueillir ici au couvent de la Minerve, dans un lieu si marqué par l’histoire. L’histoire de l’Eglise tout d’abord – les portraits des grands inquisiteurs, français, italiens ou d’autres nationalités, sont nombreux à être peints sous ses voutes – histoire de la chrétienté ensuite puisque au milieu du XVe siècle deux papes furent élus à quelques mètres d’ici dans la sacristie de la Basilique ou sont par ailleurs enterrés, entre autres, Fra Angelico et Saint Catherine de Sienne. Il était donc naturel pour nous de privilégier ce cadre pour faire venir à Rome une grande partie de l’exposition « Mésopotamie, carrefour des cultures, Grandes Heures des manuscrits irakiens» qui a connu un succès si remarqué à Paris, à l’Hôtel de Soubise, siège des Archives nationales françaises en juin 2015.

De manière inattendue mais au fond très compréhensible, cette exposition a en effet modifié pour bon nombre de nos compatriotes le regard – parfois un peu lointain – qu’ils portaient alors sur les Chrétiens d’Orient. La couverture de presse, le soutien des plus hautes autorités de l’Etat français, les réactions d’intérêt suscitées par l’exposition qui ont donné lieu à de nombreux débats, ont révélé ou mis exergue la richesse intellectuelle et artistiques inscrites dans l’histoire des communautés chrétiennes des bords du Tigre et de l’Euphrate mais également l’engagement des missionnaires – notamment dominicains – pour promouvoir cette culture, héritée des temps apostoliques.

Alors que le Moyen-Orient demeure sous le feu de l’actualité, que la plaine de Ninive, et notamment Qaraqosh, est largement libérée mais qu’une partie de la ville de Mossoul est toujours sous la coupe de Daech, alors que le sort particulier des Chrétiens d’Orient continue de susciter une inquiétude bien légitime mais heureusement également de nombreux projets de soutien, humanitaires, pédagogiques, économiques, cette exposition nous rappelle combien le patrimoine de ces Chrétiens est intégré, à la Terre qui les a vu naitre.

Dans une préoccupation commune, le Saint-Siège – en l’occurrence le Souverain Pontife lui-même à maintes reprises et vous-même Monsieur le Cardinal – et la France, par la voix de ses plus hautes autorités, ont redit que le maintien des Chrétiens d’Orient sur leur terre d’origine était une condition essentielle à la construction ou la reconstruction de sociétés ouvertes sur le monde et pluralistes au Proche et au Moyen-Orient. Cette préoccupation, qui est d’ailleurs un point de convergence majeur de nos relations bilatérales, est aujourd’hui heureusement largement partagée par les Etats mais également par les sociétés civiles. Ces dernières ont en effet bien compris que, loin de se limiter à une vision confessionnelle ou uniquement mémorielle, la protection de ces Chrétiens, en tout premier lieu de leur vie, de leurs conditions d’existence et enfin de leur patrimoine était un gage de modernité pour nos sociétés.

Dans ce contexte, nous accueillerons, lundi prochain, à l’Institut français, le Père Najeeb que je veux saluer tout particulièrement car il est arrivé hier soir ou plus exactement ce matin très tôt à Rome en provenance d’Erbil dans le Kurdistan irakien. Il évoquera le sauvetage de ces manuscrits et les conditions dramatiques dans lesquelles ces trésors ont été sauvés. Je forme simplement le voeu que cette exposition que nous allons découvrir ensemble puisse nous révéler une part encore trop méconnue de votre précieuse action, mon Père, en l’occurrence la conservation, le sauvetage et la numérisation de ces manuscrits, patrimoine inestimable et qui appartient à tous.

Rome, Couvent de la Minerve, le 9 juin 2017
Philippe Zeller
Ambassadeur de France près le Saint Siège
AMBASSADE DE FRANCE
PRES LE SAINT-SIEGE

Les journées d’été 2017 étaient prévues cette année à Moulins avec le concours du Musée de la Visitation et du Cercle Bourbonnais. Cependant en raison des multiples engagements à la même période de l’évêque du Diocèse, Mgr Laurent Percerou, cette rencontre a du être reportée à l’an prochain, les 7 et 8 avril. Le thème retenu est celui de la présence de l’architecture religieuse dans l’espace public.

En octobre, une nouvelle fois, nous aurons le plaisir de faire découvrir aux élèves de l’Institution Sainte-Marie à Antony, par l’exposition «Secrets d’atelier», l’oeuvre d’un artiste plasticien, David Pons, particulièrement créatif qui a travaillé pour le Saint-Siège, Rocamadour, la nonciature apostolique en France etc. Une trentaine de dessins, de projets seront exposés.

Enfin, notre prochain rendez-vous auquel vous êtes tous conviés est bien évidemment ce premier salon d’art sacré contemporain qui se tiendra du 18 au 29 octobre en l’église Saint-Germain L’Auxerrois. A bientôt donc !

Saint-Germain l’Auxerrois
Premier salon d’Art Sacré, «Souffle sur la création»
Du mercredi 18 au dimanche 29 octobre 2017 de 10h à 19h

33

ARTISTES PRÉSENTÉS :

Jean BERTHOLLE – Françoise BISSARA-FREREAU – Stanislaw Andrzej BIZEK
François-Xavier de BOISSOUDY Sergei – CHEPIK Christian COMTE – GOUDJI
Patricia KINARD – MANESSIER – Olivier NAUDE – Axel PAHLAVI – David PONS
Dino QUARTANA – Vincent TAILHARDAT – Agnès WINTER


Lettre d’information n°II à télécharger ici (PDF)

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